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Du Morane 230 a l'Airbus A300 (5)

 
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Leon
Guest





PostPosted: Wed May 26, 2004 1:36 pm    Post subject: Du Morane 230 a l'Airbus A300 (5) Reply with quote





Une nouvelle vie professionnelle.


En 1953 arrivèrent aussi les 1049 Superconstellation. Cet avion, qui avait un
fuselage allongé par rapport au 749, était équipé de quatre moteurs Wright R
3350 18 DA de 3250ch. Il transportait 70 à 90 passagers à une vitesse de 530
km/h. La puissance du 18 DA avait été augmentée, par rapport à celle du 18 BD,
d'une part parce que le moteur lui-même avait été poussé à 2800 ch et d'autre
part suite à l'adjonction de trois turbines récupérant chacune 150 ch sur
l'énergie résiduelle des gaz d'échappement. L'énergie ainsi récupérée était
ensuite transmise au vilebrequin par des coupleurs hydrauliques. Avec ce nouvel
avion la durée du voyage Paris-New York était de 17 heures environ.
Plus tard, en 1955, arrivèrent à Orly les 1649 Superstarliner. Cet avion était
un peu semblable au 1049 mais il avait été entièrement revu et corrigé en
fonction des nouveaux acquis de la technique aéronautique. Il emportait 50 à 90
passagers à une vitesse de 570 km/h et à une altitude de 7000 m. C'était une
très belle machine équipée de moteurs R 3350 18 EA. Ce moteur, toujours pourvu
de trois turbines de récupération d'énergie, développait 3400 ch. Le 1649
pouvait effectuer un PS-Los Angeles sans escale.

Vers la fin de 1957 une note de service, demandant un instructeur moteur pour le
centre d'instruction de la compagnie, parvint à Orly. Je présentai ma
candidature et je fus agréé après un test en salle de cours.
A la mi-septembre je quittais Orly. Je repensais à mon arrivée, 12 ans
auparavant, parmi la vingtaine de personnes que comptait le service entretien à
cette époque là. Malgré tout je partis sans regret. Une nouvelle vie
professionnelle allait commencer pour moi.
Le centre d'instruction de la compagnie était situé à Vilgénis, sur la commune
de Massy. Il assurait une double fonction : formation des apprentis et
qualification des personnels au sol et navigants sur les nouveaux avions acquis
par AF.
Lors de mon arrivée au centre, la cie exploitait encore, hormis les Vickers
Viscount, des avions à moteurs à pistons. Après trois mois de préparation je fis
donc des cours sur les moteurs des Constellations, Superconstellations et
Superstarliners.
Les auditoires étaient composés de 15 à 20 stagiaires. Nos outils pédagogiques
furent, durant les premières années, le projecteur de diapositives et le tableau
noir avec la craie. Mes auditeurs allaient du mécanicien Pl des stages PS au
commandant de bord, ayant 20.000 heures de vol, des stages PN, en passant par
toutes les catégories intermédiaires : chefs d'équipes, contrôleurs, mécaniciens
navigants, pilotes. Je crois que je ne m'en suis pas trop mal tiré bien que je
ne me sois jamais, précédemment, imaginé dans la peau d'un instructeur. Il m'a
été parfois difficile de satisfaire tous les stagiaires mais si je m'étais
vraiment montré inapte à faire ce métier j'aurais été renvoyé à Orly. En fait je
l'ai exercé durant 19 ans.

Nous étions une vingtaine d'instructeurs dans le service assurant les cours
qualification. Tous les mois avait lieu une réunion au cours de laquelle la tâ-
che de chacun était définie, après discussion. A la réunion suivante on
examinait l'état d'avancement du travail.
En prévision de l'arrivée à AF-Orly des avions à réaction Caravelle je partis, à
la fin de 1957, faire un stage à Derby. Il s'agissait d'étudier le réacteur
Rolls-Royce "Avon" destiné à équiper les Caravelles. Ce séjour n'appelle pas de
commentaire. Seul un épisode de notre vie chez l'habitant peut paraître amusant.
Nous étions trois ou quatre logés chez un couple atta-ché à Rolls-Royce. Le mari
travaillait dans cette entreprise. Le soir nous regardions tous ensemble la
télévision. Nos logeurs possédaient un chien bouledogue qui m'avait, pauvre de
moi, pris en amitié. Durant les séances de télévision il venait poser sa tête
sur une de mes cuisses, gauche ou droite. Il y avait un inconvénient à cela :
Cette bête, gentille par ailleurs, bavait sans cesse et sans aucune retenue. Je
n'osais pas le repousser ni lui donner une tape car je craignais que nos logeurs
ne pensent : « Qu'est ce que c'est que ce Français qui bouscule et frappe un
animal ? ». A ce régime après quelques jours mon pantalon était, sur sa partie
médiane, constellé de taches blanchâtres d'aspect douteux.
Je ne prêtais pas trop attention à cela mais, durant une visite à l'usine Rolls-
Royce, alors que nous étions arrêtés devant une ouvrière travaillant sur une
machine, je vis le regard de cette femme s'arrêter sur l'endroit pollué de mon
pantalon. Je compris alors qu'il devenait urgent de faire quelque chose afin
d'éviter de distraire le personnel féminin et de provoquer ainsi un accident du
travail.

Les avions Caravelle SE210 arrivèrent à AF-Orly vers la fin de 1958. Cet
appareil, équipé de deux réacteurs Rolls-Royce "Avon" de 5000Kg de poussée
chacun, transportait 90 passa-gers à 800 Km/h et à une altitude de 8 à 10.000m.
Il était utilisé sur les moyennes distances.
Je fus nommé agent technique principal en 1958. Le 31 décembre 1958 je partis
pour les Etats-Unis afin d'y suivre un stage portant sur le réacteur Pratt et
Whitney JT4 de l'avion Boeing B707. Le stage avait lieu dans l'état du
Connecticut, à Hartford pour le réacteur et à Windsor-Locks pour le régulateur
de carburant. Il était suivi d'un séjour chez Boeing, à Seattle, sur la côte
Ouest.

Le 1649 décolla d'Orly vers 21 h. Peu de temps après nous survolions
l'Atlantique C'était mon premier voyage aux Etats-Unis. A cette époque là
j'étais encore un rêveur, pétri de mes lectures d'adolescent sur l'Amérique du
Nord et ses découvreurs. Dans la nuit, bercé par le ronronnement des moteurs
Wright, je me mis à penser aux navigateurs qui, des Vikings à Christophe Colomb
avaient, à 7000m au-dessous de moi, vogué durant des semaines avant d'atteindre
les rivages vers lesquels l'avion me portait à plus de 500 km/h.

Nous avions dû prendre la route Septentrionale car, dans le courant de la nuit,
je vis percer la clarté diffuse d'une aurore boréale.















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jouef
Guest





PostPosted: Thu May 27, 2004 1:30 am    Post subject: Re: Du Morane 230 a l'Airbus A300 (5) Reply with quote



la suite la suite la suite la suite la suite la suite !!!! Smile)))

--
Jouef
(Enlever le XXX avant mon nom pour me contacter ;)


"Leon" <leon695 (AT) wanadoo (DOT) fr> a écrit dans le message de
news:2004526-153646-506216b (AT) foorum (DOT) ..
Quote:


Une nouvelle vie professionnelle.


En 1953 arrivèrent aussi les 1049 Superconstellation. Cet avion, qui
avait un
fuselage allongé par rapport au 749, était équipé de quatre moteurs Wright
R
........



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